Early Mars Conference

Fin mai avait lieu la 3rd International Conference on Early Mars au Lake Tahoe (à la frontière entre Nevada et Californie, USA). Le programme de la conférence est accessible ici.

Au programme, présentations et discussions autour de Mars primitive. Bilan rapide : malgré les avancées considérables depuis la dernière Early Mars Conference, les questions fondamentales restent sensiblement les mêmes. Il faut maintenant réconcilier les observations plutôt minéralogiques et celles plutôt morphologiques, notamment en termes de timing. Un bon point pour e-Mars : les processus de serpentinisation sont d’actualité! Un special issue (potentiellement dans Astrobiology) devrait reprendre une partie des résultats et discussions.

Sur un plan moins scientifique (et parce qu’on ne va pas tout le temps dans des  conférences aussi bien situées!), je vais partager avec vous le cadre de travail durant cette semaine. Sur la première photo, la salle proprement dite et, derrière les baies vitrées, le paysage visible sur la photo suivante… Pas toujours évident de se concentrer avec les bateaux ou les kitesurfeurs qui passent en arrière-plan…

La salle de conférence pendant la présentation de V. R. Baker
A l’extérieur de la salle de conférence

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Cratères papillons

Cette semaine, deux e-martiens étaient à Bern invités par ISSI (International Space Science Institute) pour travailler avec d’autres experts du sujet sur la cratérisation dans le système solaire interne. Nous avons tout particulièrement étudié les petits cratères d’impact formés par la retombée de matériel d’un plus gros impact. A cette occasion, nous avons découvert des cratères papillons! Un exemple est montré dans la figure ci-dessous. La forme des éjectas (matériel entourant le cratère) rappelle celle des ailes d’un papillon d’où son surnom. D’après la balistique, ce type de cratère se produit lorsque l’angle d’impact est faible.  Dans le cas de l’image ci-dessous, du matériel aurait été éjecté d’un cratère martien principal nommé Gratteri pour retomber avec un angle inférieur à 45° quelques 150 kilomètres plus loin……

Et un résumé de plus pour e-Mars!

C’est légèrement en avance que le résumé de l’équipe e-Mars pour la 3rd International Conference on Early Mars a été soumis. Ce résumé s’intitule Noachian crust composition and early alteration processes in the vicinity of Valles Marineris as seen from the central peaks of impact craters.

Le but est ici de replacer les conditions de cristallisation de la croûte et son altération dans le contexte général de la planète Mars à l’état primitif. Ces informations apportent également des contraintes sur les conditions dans lesquels une vie primitive aurait pu émerger durant le premier milliard d’année. Concrètement, ce résumé s’appuie à la fois sur les résultats qui seront présentés à la LPSC et sur ceux qui ont été présentés lors du 1st Landing Site Workshop.

Conférence grand publique de J.-P. Bibring à Rennes

Le 24 janvier 2012, Jean-Pierre Bibring (responsable de l’instrument OMEGA, Université Paris-Sud/Institut d’Astrophysique Spatial) a donné une conférence grand publique à Rennes, à l’Espace des Sciences. Cette conférence, intitulée « L’exploration spatiale de Mars : tout commence » a été filmée et est désormais accessible en ligne. Pour la visionner, cliquez sur l’image ou suivez ce lien.

« FAST », le nouveau système de commande de Mars Express

En août 2011, le système de commande « SSMM » (pour « Solid-State Mass Memory ») de la sonde européenne Mars Express a connu un problème majeur. Suite à cela, il a été décidé le 16 octobre 2011 d’arrêter les observations scientifiques. La sonde a alors été mise en mode de sécurité afin d’éviter de consommer inutilement du propergol.

Depuis cette date, les ingénieurs de l’ESA ont pu trouver une solution au problème en remplaçant le système de commande original par un nouveau système. Celui-ci est nommé « FAST » pour « File Activities on Short Timeline ». Vous pouvez trouver des informations techniques dans le communiqué de presse de l’ESA daté du 15 février 2012 (lien en anglais). La sonde Mars Express est donc de nouveau pleinement fonctionnelle et recommence l’acquisition de données. Pour preuve, l’image HRSC ci-dessous obtenue avec le système « FAST ».

Image HRSC près du pôle Nord martien obtenue avec la nouvelle méthode de commande FAST. Crédits: ESA / DLR / FU Berlin (G. Neukum)

 

Résumé LPSC 2012 en ligne

Dans un précédent billet, j’avais annoncé la participation de l’équipe e-Mars à la LPSC 2012. En fin de semaine dernière, le programme officiel de la conférence a été mis en ligne. Le résumé soumis est donc maintenant disponible à la lecture! Pour le trouver, c’est par ici… Et pour cette année, ce sera donc une présentation orale! Dommage que ce soit la première de cette session du mercredi matin (tout le monde n’est pas encore arrivé en général!).

L’objet de cette présentation sera l’étude de la composition de la croûte martienne. Les pics centraux des cratères d’impacts dans la région de Valles Marineris montrent en effet des affleurements rocheux riches en orthopyroxène. La composition chimique de ces minéraux (teneur en fer et/ou calcium) peut être étudiée plus en détail grâce à des techniques de traitement tel le Modèle Gaussien Modifié. Nos résultats montrent que la composition des orthopyroxènes varient en fonction de la profondeur.

Une nouvelle météorite martienne

La Meteoritical Society a publié hier une annonce concernant le référencement d’une nouvelle météorite martienne : la météorite de Tissint. Cette météorite est tombée en 2011 au Maroc et le poids total des fragments retrouvés s’élève à 7kg.

Fragment de la météorite martienne Tissint - CREDIT: © 2011 Darryl Pitt / Macovich Collection

Le bulletin nous indique les caractéristiques de cette météorite, la rangeant dans la catégorie des Shergottite (olivine-phyric shergottite). Les principaux minéraux présents sont : olivine (coeur des cristaux de composition Fa20 à Fa30 tandis que les bordures ont une composition comprise entre Fa43 et Fa60), orthopyroxène (Fs24Wo4), pigeonite (Fs26 à Fs51 et Wo12 à Wo17), augite (Fs22Wo25) et plagioclase (An63Or0.5).

Cette météorite est intéressante en raison du volume d’échantillon récupéré et en raison de son état de fraicheur, comme on peut le constater sur la photo ci-dessus. Pour continuer à avoir des informations, notamment les analyses géochimiques concernant la datation, il faudra attendre les prochaines publications. Et comme tout bon spectroscopiste, je terminerais en rajoutant : vivement les spectres!